PayPal serait sur le point d’abandonner la Libra et Facebook

 PayPal serait sur le point d’abandonner la Libra et Facebook

Parfois les actes en disent bien plus que les paroles. Et c’est ce qui est arrivé ce jeudi lorsque les membres de Paypal se sont absentés à une importante réunion portant sur la cryptomonnaie Libra. Cette rencontre se déroulait à Washington, regroupant des représentants du réseau social Facebook, initiateur du projet, ainsi que des délégués de diverses entreprises internationales comme Mastercard ou Visa.

Aux origines de la défiance de PayPal envers la Libra

Le projet de cryptomonnaie Libra regroupe à l’origine 28 acteurs majeurs de l’économie mondiale, dont la société PayPal, spécialisée dans les paiements en ligne. La Libra est censée être mise à disposition des utilisateurs en 2020, avec comme objectif déclaré d’ouvrir d’avantage l’accès aux services financiers dématérialisés pour une utilisation relativement plus simple et sécurisée, soit de favoriser l’inclusion financière.

 L’enjeu est également financier pour Facebook et ses partenaires, même si la Libra est actuellement sous la responsabilité d’une association dénommée Association Libra, décrite comme étant totalement indépendante et possédant la licence de l’Autorité de Surveillance des Marchés Financiers (FINMA) en Suisse.

La Libra, qui pourrait circuler et être échangée par divers canaux dont des réseaux comme Facebook, WhatsApp ou Messenger, ne plaît cependant pas aux principaux régulateurs des marchés crypto-financiers que sont la Banque Centrale Européenne et la FED américaine. Ce qui est essentiellement mis en cause est la faiblesse de la sécurisation des données personnelles ainsi que les risques potentiels de blanchiment d’argent.

Les antécédents négatifs de Facebook dans le domaine de la préservation des données de ses utilisateurs et celui de la sécurité sont donc les principaux points de désaccord avancés. 

Paypal, quant à lui, se trouve être en phase avec les régulateurs. L’entreprise de paiement ne s’est pas présentée à la réunion qui a eu lieu ce jeudi, à Washington, pour discuter des contraintes de la Libra. Et ceci s’explique par sa fonction d’entreprise spécialisée dans des paiements effectués au moyen des devises traditionnelles.

Des propos recueillis par le Financial Times auprès d’un membre de PayPal confirme le désaccord latent : « Il ne semble pas que beaucoup de travail préliminaire ait été fait avec les régulateurs », a-t-on déclaré. « Les entreprises ne veulent pas que cela vienne entacher leurs affaires. »

Paypal n’est pas la seule entreprise à s’inquiéter

Certains parlent d’un recul de PayPal vis-à-vis du projet de Facebook plutôt que d’un prochain retrait. Il semble néanmoins qu’il faudra que Facebook rassure davantage quant aux préoccupations des régulateurs. Ceci sera nécessaire si le géant de l’internet ne veut pas risquer de perdre le précieux soutien des entreprises de paiement (Stripe, Mastercard, Visa), toutes aussi réticentes que PayPal.

Partenaires Libra-Facebook

Wall Street Journal annonçait déjà que Mastercard était sur le point d’abandonner le projet Libra. Une information qui a été ensuite invalidée par le directeur de Facebook et ex-président de Paypal, David Marcus. Pour l’heure, aucun des membres de l’Association Libra n’a encore versé les 10 millions de dollars qu’il s’était engagé à fournir.

Facebook et ses partenaires devront sans aucun doute trouver au plus vite une base d’accord avec les régulateurs, s’ils veulent espérer voir la Libra être échangée en début de l’année 2020 comme prévu initialement. 

Jusqu’ici, la Libra fait encore l’objet d’oppositions de la part des régulateurs, mais également de la part des États. La France s’est d’ailleurs signalée comme étant contre le Libra, par la voix du Ministre de l’Economie et des Finances. Bruno Lemaire n’en veut pas pour des raisons de souveraineté monétaire sur le territoire européen.

Le responsable des communications de Libra, Dante Disparte, s’est exprimé sur toute cette question en donnant le sentiment que l’Association Libra ne comptait pas baisser les bras face aux difficultés.  

 «Ce n’est pas un chemin facile. Nous reconnaissons que le changement est difficile et que chaque organisation qui a entamé ce processus devra évaluer elle-même les risques et les avantages résultant de son engagement à mener à bien les changements promis par la Libra», a rapporté le Financial Times.

Matthieu

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